CGR Consultants a épluché les données récentes fournies par la Banque mondiale et l’Agence nationale de la statistique et de la démographie et propose une infographie intéressante sur les taxis dans la région de Dakar.
Quelques chiffres sautent aux yeux :
- 25 000 taxis circulent dans l’agglomération de Dakar ;
- l’âge moyen des taxis est de 23 ans ;
- en 2019, 250 taxis neufs ont été enregistrés, dont seulement 2 % de taxis hybrides ;
- les marques Renault, Toyota et Peugeot représentent près de 80 % du marché de l’occasion.
Et aussi :
- 85 % des chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule ;
- ils doivent verser un loyer de 10 000 FCFA/jour au propriétaire
- le revenu mensuel moyen est de 350 000 FCFA.
Témoignage
Voila ce que racontait Pauline Sarr il y a quelques années pour expliquer un trajet en taxi depuis l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Ça n’a pas vraiment changé.
Après avoir mis les bagages dans le coffre à côté d’une roue de secours crevée, d’un morceau de pot d’échappement et du reliquat d’un carburateur hors d’usage, tu t’assoies sur le siège arrière en faisant attention aux ressorts qui s’échappent. Tu demandes au chauffeur de fermer la portière parce qu’il y a que lui qui peut le faire, ça tient avec avec un système extrêmement compliqué que lui seul connaît. Tu observes avec perplexité que le portrait de Shakira côtoie celui de Cheikh Amadou Bamba sur le pare-brise, ce qui gêne un peu la vision. Tu essaies d’ouvrir la vitre pour avoir un peu d’air, mais c’est dommage, il n’y a plus de manette.
Ça démarre avec une légère vibration dans le train avant. C’est normal. Comme il fait nuit, tu vois pas grand chose parce que les phares n’éclairent rien, mais tu sens bien que le chauffeur connaît son métier. Il fonce, parfois sur la voie de gauche pour éviter les trous qui sont à droite. Il freine au dernier moment pour éviter de perdre son élan, il a raison parce que le moteur est un peu poussif. Il klaxonne tout le temps pour éviter d’écraser les piétons qui traversent la voie rapide en enjambant la balustrade. Les vitesses craquent un peu, mais ça passe. La radio est mise à fond pour mieux entendre des chants que tu n’as jamais entendus ailleurs. Le chapelet suspendu au rétroviseur se balance doucement. La vibration du train avant s’amplifie. Tu fermes les yeux et tout ton passé te revient en un clin d’œil...