Des conditions exceptionnelles

Les côtes sénégalaises

Les eaux sénégalaises — notamment celles qui bordent la presqu’île du Cap-Vert — continuent d’être influencées par le phénomène d’upwelling côtier, c’est-à-dire la remontée d’eaux profondes, froides et riches en nutriments, vers la surface.
Ce processus, amplifié par la bathymétrie du plateau continental et la topographie sous-marine, stimule la production de plancton à la base de la chaîne alimentaire marine, ce qui historiquement contribue à la productivité halieutique de la zone.

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Des recherches récentes confirment que le système d’upwelling le long des côtes sénégalaises et mauritaniennes — dans lequel s’insère la presqu’île du Cap-Vert — fait partie des zones d’upwelling côtiers majeurs d’Afrique de l’Ouest, avec une forte variabilité spatiale et temporelle entre 1982 et 2022.

Cependant, l’upwelling n’est pas un phénomène « constant » uniforme : ses « cellules de remontée » varient selon la saison, la topographie côtière, la pente du plateau continental, et l’intensité du vent.

Cela signifie que la richesse halieutique traditionnelle liée à l’upwelling reste potentielle — mais elle est aujourd’hui soumise à fortes pressions anthropiques (surpêche, pêche industrielle, illégale, etc.), ce qui altère l’équilibre écologique, même si la base océanographique reste favorable.

L’île de Saint-Louis, mars 2025

Pêche artisanale aujourd’hui

À la date du 6 mai 2024, le parc légal recensé de pirogues artisanales s’élève à 17 449 pirogues.

Le nombre de navires industriels autorisés dans les eaux sénégalaises est de 132 navires nationaux et 19 étrangers (soit 151 navires).

Le secteur de la pêche maritime — artisanale + industrielle — emploierait environ 600 000 personnes (directement ou indirectement), ce qui souligne son poids social et économique.

Les femmes jouent un rôle essentiel, notamment dans la transformation de poisson — un pilier souvent mis en avant dans les récentes revendications pour une meilleure reconnaissance légale.

Pirogue pêche Casamance

Crise halieutique : ressources en déclin et pressions croissantes

Malgré le potentiel de la mer, la pêche sénégalaise traverse aujourd’hui une crise profonde, pour plusieurs raisons :

  • La sur-capacité du parc (artisanal + industriel) dépasse ce que les stocks marins peuvent raisonnablement soutenir.
  • L’intrusion de navires industriels — y compris de chalutiers de fond — dans les zones traditionnellement réservées à la pêche artisanale (0–12 milles), ce qui fragilise les pirogues artisanales.
  • Des captures en baisse : de nombreux pêcheurs artisanaux rapportent devoir s’aventurer beaucoup plus loin en mer qu’auparavant (quelques kilomètres jadis, jusqu’à 30–50 km aujourd’hui) pour espérer une prise, et les poissons pêchés sont généralement de plus petit gabarit.
  • Une raréfaction des ressources halieutiques, notamment des petits pélagiques comme la sardinelle, ressource stratégiquement importante pour la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest.
  • De graves répercussions socio-économiques : perte de revenus pour les pêcheurs, répercussions sur les transformateurs, transporteurs, communautés locales, augmentation de l’émigration irrégulière vers l’Europe ou d’autres alternatives de survie.

Ainsi, même si l’upwelling continue de fournir un cadre océanographique favorable, la pression anthropique — industrielle, illégale ou excessive — compromet sérieusement la durabilité des pêcheries.

Pirogues

Un peuple de pêcheurs

La dimension culturelle et historique de la pêche reste très présente. Les populations côtières — notamment des communautés comme les Wolofs de Guet Ndar (Saint Louis), les Lébous du Cap-Vert et de la Petite Côte, et les Sérères Nyominka des îles du Saloum — continuent à incarner les métiers de la mer, avec un savoir-faire transmis de génération en génération.

Les pirogues traditionnelles (d’origine pagayée, puis à voile, puis motorisées) sont toujours le principal outil de la pêche artisanale. Mais le parc a changé : ce ne sont plus « 8 000 pirogues motorisées » figées comme auparavant, mais un parc recensé (17 449 pirogues au moins en 2024) — ce qui suppose des variétés : pirogues simples, motorisées, pirogues en fibre/rénovées, etc.

Par ailleurs, des efforts récents tendent vers la modernisation de certaines pirogues artisanales : par exemple, en décembre 2025, une initiative publique a distribué 14 pirogues en fibre de verre à des pêcheurs sénégalais (installés en Gambie), dans le cadre d’un plan de modernisation du secteur.

Source : MATHIEU, 1991

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  • SN

    qui avaient occupés les cotes Sénégalaises

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  • SN

    Article bien argumenté. Je pense aux ancêtres Wolofs, Lébous et Sérères de mon mari qui étaient fortement liés aux devenirs des côtes sénégalaises par Amour, ainsi que notre famille actuelle basée à Yoff, Lac Retba, Saint-Louis. Quels espoirs pour une pêche raisonnée et pérenne ?

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  • SN

    Je vous felicite et vous encourage. Chapeau a l auteur de la contribution
    Longue vie. Je vous enverrai une contribution
    Dr Paul FAYE
    Enseignant chercheur à l UCAD DAKAR

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  • SN

    Qu’est ce alors un guerillou, est ce bien écris, est ce un pecheur du Sénégal ??
    Et que pensent les Sénégalais de la France ???

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