En visite au Maghreb, j’ai vite été séduite par ce décor oriental, cette ambiance typiquement africaine,ces sourires dans la rue, le contact facile des gens qui certainement avaient repéré la touriste que j’étais. Ça y est je fonds, le Maghreb m’attire, je veux m’y installer.
La touriste que j’étais est devenue résidente. Je perçois alors à mes dépens le vrai visage du Maghreb, qui m’a vite fait comprendre que j’étais trop foncée. Un master en poche, je dois me contenter d’un travail ingrat dans un centre d’appels, c’est le mieux que l’on puisse m’offrir. Et je constate ma chance : autour de moi, mes frères et sœurs, ceux qui sont de la même couleur sont serveurs, gardiens, marchands ambulants, femmes de ménage…
Ceux qui rêvaient d’un travail plus valorisant ne tarderont à retourner au pays, marqués par l’austérité des gens dans la rue, leurs rires assumés en voyant leurs cheveux crépus, leurs regards au supermarché pour leur faire comprendre qu’ils n’étaient pas à leur place…
Et quand je me suis décidée à rentrer au pays, j’ai du subir une série d’humiliation à l’aéroport : fouille corporelle, interrogatoire poussé, pour finir par manquer l’avion sans aucune solution de remboursement. « Ce n’est pas notre problème » finiront-ils par me dire.
Bienvenue frères et sœurs...