A ce niveau on peut dire sans vexer personne que Bob Chopin était le
mieux armé. Le Malouin a su parfaitement gérer ses efforts en fonction surtout de l’accumulation des kilomètres.
« Nous avons sûrement été un peu aveuglé par la facilité des deux premiers jours où la course était fluide et assez confortable. La première étape courte et celle de la plage nous ont trompé. Nous avons payé cash notre naïveté. Il est clair que c’est une épreuve exigeante sur la durée. On ne peut pas se contenter de prendre les étapes une par une. Il faut analyser le parcours dans sa globalité. Les efforts sont très différents d’un jour à l’autre et la température qui monte très vite est un paramètre destructeur. »
Yvon et Flo ont donc levé le pied pour parcourir les quatre étapes suivantes tout en conservant la lucidité nécessaire pour en apprécier les paysages et les rencontres. "J’ai été vraiment surpris par le respect des gens vis à vis de notre présence d’intrus dans leurs villages. Jamais eu la sensation de les déranger. ils sont curieux de savoir ce que nous venons faire là et les discussions, si elles commencent par l’explication de notre
présence ici finit toujours par partir sur d’autres chemins." Bob est encore dans son rêve.
Tout aussi différents que les pistes empruntées par nos trois pionniers. 35 kilomètres de plage interminables par exemple. « Un bon moment de replis sur soi même. Je me suis mis dans ma bulle et je me sui laissé emporter par la puissance des vagues et le vent sur le sable. » Bob en devint presque poète !
Et puis il y a eu la découverte de la brousse et de la savane. L’une accueillante et l’autre hostile. Cherchez vous même ! Le pied qui pédale dans un sable volatile posé par le vent sur la piste. La chaleur qui tout à coup monte de 19 à 35 degrés sans que tu aies eu le temps de voir venir. Ces toutes petites montées où ta chaussure a bien du mal à s’accrocher. « La troisième étape nous a brutalement ramené à une réalité que nous avions fait semblant de ne pas voir. » Yvon et Flo connaitront là leur premier coup d’arrêt. Vexant certes mais constructif.
« On ne fait plus le malin ensuite. on mesure bien l’importance d’une préparation bien spécifique et de longue haleine. On ne peut pas venir sur le Raid Teranga 250 en touriste. Nous avons ensuite beaucoup mieux géré notre alimentation et nos périodes de récupération. » A ce niveau encore, l’exemple du corsaire est intéressant. semblant à la traine les deux premiers jours, le garçon fonctionnait selon son rythme sans toucher à ses
réserves.
Sa montée en puissance n’en fut que plus spectaculaire. « C’est l’étape sous la ligne à haute tension qui m’a renforcé dans mes convictions. Elle était dure moralement et physiquement mais j’ai trouvé les ressources et les moyens pour la vaincre sans qu’elle m’oblige à puiser dans mes réserves. » Bob ne s’est quand même pas contenter de gérer. il
a poussé un peu la machine sur la dernière étape vers Saint louis, vers ce qui bientôt deviendra un haut lieu du trail pour d’autres mordus de l’effort.
« Avec cette incroyable aventure humaine, ces rencontres, cette réalité que nous découvrons à chaque détour de village ou de piste. Un accueil extraordinaire. Je sais aujourd’hui ce que Teranga veut dire. C’est déjà une leçon. » Bob serait-il déjà partant pour l’édition 2014 ? Réponse au prochain épisode. "Je n’ai pas fait un exploit. D’autres feront
beaucoup mieux mais je reviendrai l’année prochaine. Ne serait-ce que pour revoir les gens, leurs sourires et leur gentillesse."
Bob a couru les 223 km du parcours en 33 heures 11 minutes et 57 secondes, soit une moyenne de presque 7km/h.
