Le221 : Comment étiez-vous venue à l’’athlétisme ?
Marie Julie Gomis Ndiaye : J’’avais une copine du nom de Gogo qui faisait du sport à l’’époque. Un jour, elle m’’a proposé d’aller faire du basket. Quand on a commencé à nous entraîner, je voyais les filles comme Antoinette et Marie Louise Huchard de l’’Us Gorée qui couraient en athlétisme. Je me suis dis qu’elles ne sont pas plus rapides que moi, c’’est ainsi que je suis partie vers l’’athlétisme. Après, j’’avais demandé quelle équipe était la plus modeste, on m’’avait dit l’’Avenir de Dakar qui est devenu le Dial Diop Sporting club. Par la suite, je me suis présentée à l’’entraîneur monsieur Abdel Kader Coly pour commencer.
Le221 : A cette époque, comment était l’athlétisme ?
MJG : Ça avait bien démarré. Déjà, tous les clubs étaient obligés d’’avoir une section d’’athlétisme car c’était le sport de base. Les compétitions étaient vraiment bien organisées et régulières. Il y avait les semaines nationales, ensuite les quinzaines, les compétitions scolaire, civile et militaire, les rencontres Thiès- Cap Vert-Gambie, les championnats de la zone2... C’était amusant et cela nous permettait d’’être toujours ensemble.
Le221 : Vous vous rappelez encore des compétitions qui vous auraient le plus marquées ?
MJG : Oui, comme je vous ai dis c’était Coly qui m’entraînait au début. C’est par la suite que Marième Dem, maîtresse d’’éducation physique s’’occupait de ma préparation physique. Elle faisait en même temps du 80m haies, ce qui fait qu’elle est devenue à la fois mon entraîneur et ma concurrente. Ce qui n’’empêche pas que je l’’ai battu. Nous avions entretenues de bonnes relations jusqu’à ce qu’on affectait à monsieur Amadou Gacko, recordman du 400 m pour m’entraîner. Il y avait la Saint-Louisienne Aminata Sall, Ouleye Diop du Jaraaf, ma coéquipière Fatou Diagne et Awa Dioum qui avait battu mon record au 100 m haies et qui faisions les courses de haies. Après elle, il y avait l’’olympienne Tacko Diouf qui avait aussi battu mon record.
Le221 : Vous faisiez partie des premières femmes olympiennes du Sénégal, comment s’’était passé ces premiers ces premiers JO pour vous ?
MJG : On avait sélectionné, à l’’époque trois filles. Malheureusement Marième Boye, à cause d’une blessure, n’avait pas participé aux Jo de Montréal 1976. Donc, il y avait Ndèw Niang au 800 m et moi au 100 m haies pour représenter le Sénégal. Quand on m’avait appris ma participation, j’’étais vraiment surprise et émue . Je m’’entraînais tous les matins de très bonne heure. Après mon footing matinal, je prenais mon petit déjeuner, je récupérais et je reprenais mes séances d’’entraînement avec mon coach. A midi, je mangeais et puis je faisais une sieste jusqu’à 17 heures pour une autre séance d’’entraînement. C’était une grande découverte l’’athlétisme mondial, une occasion d’honorer notre pays et de progresser. Les Jo c’est le sommet auquel tout athlète aspire.
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