Compte tenu de la léthargie des jeux d’échec au Sénégal, ce cercle se veut d’abord un cadre d’expression des échecs de compétitions. Passionnés, ses membres se réunissent deux fois par mois pour se mesurer afin de ne pas voir leurs pions engloutis en attendant un pseudo convocation de la fédération.
Depuis fin décembre, ils sont une vingtaine de joueurs inscrits à ce tournoi de parties rapides pour maintenir la pratique les samedi à partir de 16 heures et les dimanche à 11h. « C’est par amour que nous essayons de relancer le jeu d’échec. On prend de notre argent, de notre temps pour appuyer les différents cercles et organiser des tournois. C’est dans ce sens que le comité de relance formé autour de la Maison de la culture Douta Douta Seck a initié plusieurs tournois à Kaolack, Thiès où il existe déjà deux cercles actifs et Podor » note monsieur Sakho.
Jadis meilleure équipe de la sous- région, le Sénégal s’est classé 4ème sur 4 nations au dernier tournoi auquel il a pris part à Bamako du 22 au 26 octobre 2008. Face à ce recule, l’heure est grave si on sait que le Sénégal a été exclus de la fédération internationale depuis près de dix ans pour non-paiement de sa cotisation annuelle estimée à 1 000 dollars par an. « Nous participions à des olympiades dont Malte, Dubaï, Salonique (Grèce) où Gorgui Gueye, un des meilleurs joueurs nationaux, avait remporté la médaille d’argent en 1988 », nous apprend monsieur Sakho sur les lettres de nobles des jeux d’échec Sénégalais au plan international.
Très actif, le comité de relance part à l’assaut des établissements scolaires. C’est ainsi que des cercles ont pu être installés aux Maristes, à la base Française de Ouakam où des cours d’échecs sont dispensés.
Portrait : Daouda Sakho
Triple champion du Sénégal entre 1978 et 1980, c’est accidentellement qu’il a découvert les jeux d’échec impossible de continuer à jouer au
football.Il se contentera de regarder ses frères joués et il apprit très vite les rudiments du jeu. L’appétit venant en mangeant, il prend le virus. Parmi l’élite sénégalaise, il se cache
avec humilité derrière des légendes de la discipline pour dire que : « il y a eu de plus fort que moi comme Yaya Diop de Thiès, Seyni Mbaye de Dakar, Samba Diouf, mon frère Pape Sakho, Gorgui Guèye qui ont été de grands champions » retrace-t-il avant de poursuivre « cela du temps où l’ancien président de la fédération, Séga Sow, avait su insuffler l’amour du jeu d’échec au Sénégal, diffuser cela et encadrer les jeunes. Depuis l’avènement du président Boubacar Diallo ce sont les jeux d’échec des salons qui sont à l’honneur au detriment de l’échec de compétition. Nous avons régressé de 20 ans » se désole-t-il.
