Tourisme et découverte

Tourisme au Sénégal : le défi derrière l’objectif de 3 millions de visiteurs

Le Sénégal veut renforcer son attractivité touristique. Le lancement de la saison 2026-2027 à Cap-Skirring, marqué par l’arrivée de 175 touristes français et belges, relance la question des moyens nécessaires pour atteindre cette ambition. Accessibilité des destinations, qualité de l’offre et retombées économiques locales restent au cœur des enjeux.

Publié le 19 octobre 2026  

Cap-Skirring donne le coup d’envoi de la saison

Le 18 octobre 2026, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Alpha Thiam, a participé au lancement officiel de la saison touristique 2026-2027 à Cap-Skirring, en Casamance. Un vol transportant 175 touristes français et belges a été accueilli à l’aéroport international de la destination.

À cette occasion, le ministre a évoqué l’ambition du Sénégal d’accueillir, à terme, entre 2 et 3 millions de touristes. La saison doit se poursuivre jusqu’en mai 2027.

Ce chiffre traduit une volonté de croissance, mais il ne constitue pas une prévision de fréquentation pour les sept mois à venir. Pour évaluer les progrès du secteur, il faudra notamment suivre l’évolution des arrivées, des nuitées et des dépenses touristiques.

La Casamance, entre attractivité et difficultés d’accès

Avec ses plages, ses bolongs  , ses paysages naturels et son patrimoine culturel, la Casamance dispose de nombreux atouts pour séduire les voyageurs. Pourtant, l’accès à la région reste un défi.

En mai 2026, le Collectif des acteurs touristiques de la destination Casamance alertait sur la diminution des liaisons aériennes et le coût élevé des billets Dakar–Cap-Skirring. Son responsable, Doudou Tamba, estimait que les liaisons aériennes avaient diminué de plus de 60 % en dix ans et que le billet dépassait souvent 120 000 F CFA.

Les professionnels réclamaient notamment une amélioration des dessertes aériennes et routières afin de faciliter l’arrivée des visiteurs.

Pour la saison 2026-2027, des vols directs entre Paris-Orly et Cap-Skirring sont programmés du 18 octobre 2026 au 9 mai 2027. Cette liaison saisonnière permet de rejoindre directement la Casamance sans passer par Dakar. Elle constitue un atout pour la destination, même si la fréquence et le coût des transports restent déterminants pour son accessibilité.

Faire profiter les territoires de la croissance touristique

Développer le tourisme ne consiste pas uniquement à augmenter le nombre d’arrivées. L’enjeu est aussi de faire bénéficier les économies locales de cette activité.

En Casamance, des campements villageois et des guides communautaires proposent des expériences qui valorisent les traditions, les paysages et les savoir-faire locaux. À Enampore, certaines structures contribuent aux revenus des familles grâce à l’hébergement, à la restauration et à l’artisanat. À Mlomp, des habitants organisent leurs propres circuits de découverte.

Ces initiatives illustrent le potentiel d’un tourisme qui profite également aux petites entreprises, aux artisans, aux producteurs et aux guides locaux.

Les données régionales montrent par ailleurs une évolution positive de l’activité hôtelière : selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les établissements de la région de Ziguinchor ont enregistré 32 248 nuitées en 2024, contre 18 027 en 2023, soit une progression de 79 %. Ce chiffre témoigne d’une hausse de l’activité mesurée dans les hébergements recensés, sans représenter à lui seul l’ensemble de la fréquentation touristique régionale.

Un objectif qui reste à concrétiser

L’ambition annoncée par les autorités pose une question essentielle : comment transformer les atouts du Sénégal en une croissance touristique durable ?

L’amélioration des transports, la qualité des hébergements, la formation des professionnels et la diversification des expériences proposées seront déterminantes. La fiabilité des statistiques constitue également un enjeu : en décembre 2025, le ministre de l’époque, Amadou Ba, alertait sur le manque de données fiables et le nombre important d’hébergements non recensés.

Le lancement de la saison à Cap-Skirring marque donc davantage qu’une cérémonie officielle. Il rappelle que le développement touristique dépend autant de l’attractivité des destinations que des moyens de les rejoindre et de la capacité des acteurs locaux à bénéficier des retombées.

Pour la saison 2026-2027, les résultats seront à apprécier dans les prochains mois, au regard de la fréquentation réelle et de l’activité économique générée dans les territoires.

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