Politique et institutions / Tourisme et découverte

Tourisme au Sénégal : chronique d’une mort annoncée

Le secteur du tourisme au Sénégal est mort. Oui, il a finalement rendu l’âme, affaibli par une très longue maladie, victime de l’apathie et de la négligence des hommes. Abandonné par les uns et par les autres, ceux qui auraient dû le protéger « les autorités », et ceux qui étaient censés l’encourager, « les opérateurs privés ».

Publié le 13 février 2015   50 commentaires

Par Rafael Rodriguez, directeur général d’Africa Travel Group, www.africatravel-group.com

Fini les belles journées ensoleillées où les cars remplis de visiteurs stationnaient à tour de rôle devant le village artisanal de Soumbedioune. Finie les magnifiques matinées où les touristes se rangeaient patiemment, attendant leur tour, pour visiter la bouleversante maison des esclaves à Gorée. Fini les plages du Cap Skirring ou de Saly jonchées de parasols, battant le plein en saison touristique. Fini les camions 6x6 débordant d’enthousiastes aventuriers avides de parcourir les sinueuses pistes du Saloum.

Il y a eu un temps où dans chaque village de Casamance on pouvait trouver un campement intégré fonctionnant à plein régime, où d’accueillantes femmes Diola s’attelaient à préparer un « domoda » aux « consonances européennes, pas piquant », où les hommes partaient à la recherche de poulets dans le village afin de satisfaire les vagues des touristes des circuits de Nouvelles Frontières, Jet Tours ou Unijoven. À Simenti, en plein cœur du parc du Niokolo Koba les Lands Rover se croisaient sans cesse, à la recherche des buffles et des antilopes. Les buvettes, restaurants et discothèques de St Louis, Ziguinchor, Mbour, Ndangane ou Cap Skirring regorgeaient de voyageurs, le sourire en bandoulière… Ah qu’il était bon de passer ses vacances au Sénégal !

Et soudain… Le néant, l’obscurité

Où sont passés tous ces touristes ? Où sont passés ces braves paysans bretons ou normands qui chaque année étaient fidèles à l’immense écrin de verdure et à l’accueil chaleureux qu’offrait le Domaine de Nianing, de Keur Saloum ou de l’hôtel du Delta du Niominka. Où sont passés ces hordes des touristes espagnols qui envahissaient les plages de l’île de Carabane de « caramelos » ? Où sont passées ces familles françaises, chaque année plus nombreuses à venir se réchauffer sous le soleil de Saly, aux abords de l’hôtel Savana, Royam ou Bougainvilliers ? Où passent-ils leurs vacances maintenant ces Italiens, Allemands, Belges qui fréquentaient le parc de Djoudj, l’île de Fadiouth, les maisons à impluvium de Enampore, Affiniam ou Baila ? Où sont passés ces pêcheurs au gros aguerris qui sillonnait les eaux du delta du Saloum de Djiffer à Toubacouta, de Ndangane et Sangomar, toujours à la recherche de belles prises ? Où sont passés ces chasseurs infatigables, parcourant sans se lasser les pistes de Tambacounda à Kolda, de Rosso à Matam, de Nioro à Fimela ? Où sont passés tous ces Américains, Portugais ou Suédois qui visitaient avec émotion la grande mosquée de Touba, la cathédrale de Dakar, le marché multicolore de Kaolack, les chutes de Dindefelo, le musée Théodore Monod de Dakar, les villages Bedick et Bassari, les cases à étages de Mlomp, la réserve de Guembeul, de Bandia, les parcs de Barbarie, de la Basse Casamance, la Place Faidherbe à Saint-Louis … et tant d’autres belles curiosités ?

Car tout cela se trouve bien au Sénégal. Trésors négligés, balayés d’un revers de main par une politique touristique à ce point maladroite qu’elle pourrait être aujourd’hui étudiée comme un véritable exemple de « contre politique touristique » ; soit tout ce qu’il faut faire pour réduire à néant une destination touristique.

Comment expliquer la dégringolade totale que subit notre secteur ?

Malgré un contexte politique agité, le Sénégal reste un pays stable, exemple de démocratie et de cohabitation interreligieuse et ethnique. Un pays qui profite de 530 kilomètres de côtes presque vierges. Un des pays les plus ensoleillés du globe. Un pays situé à seulement quatre heures de vol de la plupart des capitales européennes et desservit par la presque totalité des compagnies aériennes les plus importantes au monde. Bref, un pays sûr, ensoleillé, accueillant, aux multiples richesses… Où se situe donc le problème ?

Voici peut être une réponse, ou quelques éléments de réponses sur les raisons qui nous ont conduit à cette situation catastrophique. Je pense d’ailleurs qu’une grande majorité des professionnels de notre secteur, sinon tous, partageront une bonne partie de ces réflexions.

Le Sénégal touristique souffre, avant tout, d’un mal devenu chronique, presque endémique : l’improvisation. Depuis les temps où le ministère du Tourisme était dirigé par Jacques Baudin et puis par Tidjane Sylla, aucune véritable stratégie de développement touristique n’a été soigneusement identifiée, planifiée et appliquée au Sénégal. Le pays a été victime d’un défilé constant de ministres de tutelle. Nous, acteurs du secteur privé, avons assisté, avec étonnement, à cette succession de noms. Chacun avait sa vision, ses idées, ses objectifs, ses conseillers et bien sûr sa personnalité…

Pendant toutes ces années il n’y a jamais eu de véritable stratégie, clairement planifiée et dotée d’un budget concret. Aucune feuille de route et aucun calendrier. Aucune vision, ni politique à moyen ou long terme. Les erreurs se sont multipliées. Nous avons assisté à des salons touristiques à l’étranger où le Sénégal, notre Sénégal, était tristement représenté par un stand de 12 mètres carrés, sans affiches ni brochures, projetant une image qui était à l’opposé des atouts touristiques du pays.

La promotion d’une destination doit se faire de façon réfléchie et rationnelle. Il faut d’abord identifier les marchés potentiels les plus intéressants, de part leur proximité géographique, affinité, soutien politique ou économique, etc. Nombreux sont les paramètres qu’il faut prendre en compte pour bien orienter nos actions commerciales. Il s’agit d’ « attaquer » ces marchés d’une façon structurée, avec un positionnement constant dans le temps, en ne visant pas uniquement les agences de voyages et tours opérateurs, mais aussi les médias et surtout le marché lui-même, le consommateur final. Il faut créer l’envie, il faut faire rêver le voyageur. Le Sénégal a les atouts pour cela. Le manque de promotion de la destination a été sans doute un des problèmes les plus récurrents, mais pas le seul.

Le Sénégal est le pays de la Teranga  , certes ! Mais la Teranga n’est pas le patrimoine des Sénégalais. Au Burkina, au Bénin, au Togo, au Gabon ou dans bien d’autres pays pour ne citer que quelques exemples proches, les gens sont aussi gentils et accueillants. Il faudrait demander à nos touristes ce qu’ils pensent de la « Teranga » quand ils arrivent à l’aéroport de Dakar avec ses taximen, vendeurs de cartes téléphoniques, changeurs d’argent, « mendiants » de tout type qui s’attroupent autour d’eux, criant et essayant d’arracher de leur mains leur chariots à bagages. Ces mêmes visiteurs souffrent de situations semblables au village artisanal, sur la Place de l’Indépendance de Dakar, à l’arrivée de la chaloupe de Gorée, ou dans n’importe quelle artère de Gorée, plage de Saly ou au centre de Saint-Louis.

Le touriste doit être considéré comme un invité chez nous, à qui l’on doit le respect. De notre comportement dépendra le souvenir que le visiteur retiendra de son séjour, son éventuel retour au Sénégal, et la réputation que se bâtira la destination à l’extérieur.

La mise en application de la politique de demande de visas pour les ressortissants européens a été aussi un élément important de la crise que nous connaissons. Bien que la mesure relève du principe de souveraineté que je ne conteste pas, il est évident que cette mesure, ainsi que le moment choisi pour son entrée en vigueur avec son démarrage chaotique, son coût pour le visiteur… n’ont pu être qu’un frein au tourisme.

Ajoutons à cette liste, l’insalubrité de beaucoup de zones touristiques, l’érosion côtière et surtout la dramatique gestion environnementale qui en est faite, la surfacturation des taxes aéroportuaires, les coûts d’exploitations exorbitants qui rendent nos établissements touristiques trop chers, le manque de personnel qualifiés malgré la quantité d’écoles publiques et privées existantes… Mais aussi ainsi la menace terroriste, la fébrilité économique de certains de nos principaux marchés émetteurs, la psychose générée par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest…. Accumulation sans précédent. La liste est lourde. La liste est interminable. Les jeunes diraient « c’est la totale ! ».

Aujourd’hui nous souffrons

Nous souffrons comme souffrent tous les acteurs touristiques, à tous les échelons, qui perdent les uns après les autres, leur emploi, leurs moyens de subsistance. Nous souffrons que ce secteur économique à si fort potentiel soit aussi facilement sacrifié. Nous souffrons de voir tous ces endroits magnifiques, dépeuplés et abandonnés. Nous souffrons de voir tous ces investissements partis en fumée, hôtels, campements, restaurants, commerces…

Aujourd’hui à Dakar, à Saint-Louis et surtout sur la Petite Côte, on s’apitoie sur notre sort. Mais n’oublions pas tous les opérateurs qui souffrent eux aussi depuis bien plus longtemps que nous, en Casamance et dans les régions de Kolda, Tambacounda ou Kédougou. Notre profession n’a pas à être fière. Nous, acteurs du secteur privé, n’avons jamais été capables d’être soudés, solidaires, généreux. Nous avons été victimes de notre propre arrogance. Nous n’avons pas su défendre avec intelligence et générosité nos objectifs, nos atouts. Nous n’avons jamais réussi à transmettre aux populations les bienfaits du tourisme avec ses retombées positives. Nous n’avons pas su impliquer les Sénégalais dans la préservation et le respect de ce secteur pourtant porteur. Il ne nous reste plus qu’à regretter ce qui était, sans doute, une mort annoncée…

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Lire 50 commentaires

  • SN

    Tout à fait d’accord avec le « coup de gueule » de cet article ! Depuis 6 ans, je vais en Casamance. Nous sommes « harcelés » à l’aéroport de Dakar ! Tout est bon pour nous demander de l’argent.
    S’ajoute le problème de la Casamance. Une Lilloise, à qui j’ai dit que j’allais en Casamance m’a répondu : « c’est ouvert » ?
    Le Ministère des Affaires Etrangères Français devrait cesser de classer cette zone comme dangereuse. J’en ai entretenu l’Office du Tourisme de Ziguinchor, pour qu’il intervienne et fasse remonter les bonnes informations. Le fera-t-il ? Il y a aussi d’autres instances à solliciter par des personnes et des organismes qui ont le pouvoir nécessaire pour intervenir efficacement et fermement. Les Sénégalais me paraissent résignés, c’est vraiment dommage car l’enjeu est très fort.

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  • SN

    Bonjour, l’article a le mérite de faire un constat objectif. Je suis déçu par la fin, pas d’avenir, à cela il faut dire non. Malgré la réalité, j’encourage tous mes proches à venir, à voir le Sénégal sans nos lunettes d’européens, même si ce qui est décrit est vrai. Faisons tous ensemble un effort (français-sénégalais), je ne peux croire qu’on laisse ce secteur partir à la dérive.J’aime m’y rendre et rester positif.
    Au plaisir de s’y rencontrer.

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  • SN

    Bizzare je n ai pas vu de commentaires de sénégalais pour avoir leurs opinions sur le sujet ?????

    • SN

      Bonjour, il ne sert à rien d’opposer français et sénégalais,nous devons ensemble collaborer.As tu oublié de tendre la main .....
      Bonne journée

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  • SN

    Merci a l’auteur de cet article, qui a su dire tout haut, ce que tant d’autres pensent tout bas !!!!

    Prenons tous ensemble, autorites gouvernementales/ operateurs economiques/ touristes nationaux et internationaux/ ONG/ peuple senegalais, les points cites dans cet article, et apportons y des solutions a court, moyen, et long terme..
    YES WE CAN DO IT !!

    Please arretons de faire de la politique, soyons concrets par des actes sur le terrain, donnons-nous la main, cessons d’etre egoistes, de vouloir s’emplir les poches, et pensons a nos enfants qui sont l’avenir de ce pays ; qu’allons nous leur laisser comme heritage....
    Reagissons vite et de maniere efficace !!
    Arretons de nous voiler la face et prenons le combat a bras le corps..
    IF YOU BELIEVE YOU ACHIEVE !!!

    • SN

      Marianne Seck merci pour ton avis positive je reconnais les difficultés que traverse le tourisme sénégalais mais est ce une raisons pour baisser les bras moi je dis non vous savez des personnes dévoués se bat tous les jours pour l’avancement des choses aux détriments de leurs vie personnel et par amour pour leurs travail et notre cher sénégal alors faisons comme eux retroussons nous les manches sénégalais comme touristes donnons-nous la main pour l’avancement des choses et restons positif car c’est dans l’intérét de tout le monde : YES WE CAN DO IT
      Bonne journée

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  • SN

    Vous trouverez la reponse dans mon intervention a la tele sur youtube cherchez etienne thibault
    il faut arreter les reunions et prendre les proces verbaux de 1992 et les exploter
    merci

    • SN

      Bonjour Etienne , voila une trés bonne analyse de la situation . Rien à ajouter. bonne journée Gilles

    • SN

      tout a été fait pour réduire et arrêter les visites externe au pays . je pense qu’il y a une autre volonté réfléchi . les pays sont tous a la porte du sénégal surement dans quelques dizaines d’année le pays sera OK

    • SN

      Le tourisme sénégalais a commencé a décliner après la première alternance car les pères fondateurs du secteur qui étaient les bras armés du président Senghor et qui devaient continuer la structuration de la destination Sénégal ont étés snobés par le régime du président Wade .Dans le secteur du tourisme qui est transversal chaque sénégalais a commencer par le chef de l’état jusqu’au plus humble citoyen doit se sentir concerné et mettre la main a la pâte en étant civilisé et respectueux du client qui est roi.Les héritiers professionnels et spirituels des pères fondateurs du tourisme sont toujours présents mais ne sont ni écoutés ni consultés .

    • SN

      Bon, nul besoin de fustiger qui que ce soit, et de de lamenter, le bilan dans cet article et clair et réaliste, je ne suis pas du secteur mais aime me rendre à Saly quand les moyens me le permettent avec ma petite famille, arrêtons aussi d’attendre tout de l’état. Certes son action est déterminante, mais il faut user de créativité et surtout dans la solidarité pour redresser tout ceci. Comme quelqu’un l’a si bien dit, il faut aussi arrêter de chercher à s’en mettre plein les poches. On le voit dans certain documentaires de M6 les stations balnéaires partout dans le monde font du low cost à fond la caisse, et c’est le touriste qui casque toujours, et on lui vend souvent plus que ce qu’il n’a réelleement.... c’était ma modeste contribution qui vaut ce qu’elle vaut :)

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  • SN

    je viens regulierement en Casamance, ce qui sy passe est un DESASTRE TOTAL, tous les grands hotels sont desormais a l abandon et ce , sur des plages magnifiques dans une region qui est un petit paradis, un Gachis MONSTRUEUX et quand on pense que a des billets vers la Thailande sans visa paris bangkok sont a 500 € avec Emirates et qu il faut payer 800 euros pour aller en Casamance avec un charter pourri qui part de paris a 5 h du matin comment voulez vous que ca s’arrange, le touriste nest pas un pigeon perpetuel, quand il en a marre, il sen va c’est tout. Mais qui souffre en dernier ressort ? La population bien sur.... Si une ecole de tourisme devait apprendre quels sontles pires methodes de management touristiques dans le monde entier elle pourrait prendre le Senegal comme exemple. Je sais de quoi je parle jai fait plusieurs fois le tour du monde et jai rarement vu un tel gachis pour un pays qui a TOUT POUR REUSSIR, et Dieu sait si j’aime ce pays et ses habitants....

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  • SN

    C’était une situation à prévoir depuis une dizaine d’années.
     Taxe d’aéroport à près de 300€
     Accueil désagréable à l’aéoport.
     Billet d’avion à plus de 750€
     Tarif des hôtels exorbitant.

    Les hôteliers et le gouvernement ont tout fait à l’envers. il avait une mine d’or entre les mains, ont exploité cette mine d’or et l’ont laissé mourrir.

    Après c’est l’effet boule de neige : moins de tourisme > moins d’avion> transport aérien qui augmente> moins de tourisme> moins d’argent> augmentation des prix des hôtels> augmentation des vols> plus de taxes pour subvenir au dépense> KO TOTAL.

    LA SOLUTION :
     INVESTIR sur l’avenir.
     RENDRE les vols accessibles à 350€ et les hôtels beaucoup moins chers.

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  • SN

    Beaucoup moins de touristes au senegal...j’ai quelques explications ..crise en Europe en France +Visa (pas trés cher) mais d’un compliqué pas possible tout le monde n’est pas informaticien+la proximité d’Ebola

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  • SN

    En première solution d’urgence : faire une promotion de choc. Baisse des taxes d’aéroport, annuler les visas , offrir une bouée de sauvetage au hôtelier dans le style ( 3 mois sans tva) pour se refaire une santé. Auront’ils le courage ? Il faut savoir mettre sa fierté dans les chaussettes quand tout va mal !!!!!

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  • SN

    Tabou et dignité offensée obligent, on peut ajouter à toutes les causes énumérées, que l’Etat sénégalais prenne des dispositions comme l’avait fait Mohamed V au Maroc en son temps, pour endiguer les abus et magouilles de toutes sortes permettant à toute une société qui prend les toubabs pour des porte-monnaie sur pattes... et font également de ce beau pays l’une des premières destinations du tourisme sexuel... où l’on est assailli en permanence, où l’on ne peut se poser tranquillement sur une plage sans être assailli par de jeunes éphèbes qui soignent leurs « plaques de chocolat » et viennent « zob » en bandoulière, collants et parfois même agressifs lorsqu’on ne cède pas à leurs sollicitations... sans compter les enfants, mis en première ligne pour satisfaire les pratiques perverses de certains touristes... où les jolies « gazelles » dont le sexe est considéré par leur famille comme une tirelire et qui sont envoyées sans vergogne à la chasse au toubab friqué, pour faire vivre l’ensemble de la famille... Que dire aussi des « sollicitations » incessantes des représentants de certaines administrations qui adaptent les taxes à condition que les opérateurs étrangers leur versent des bakchichs... les antiquaires rabatteurs de viande fraîche... etc... etc... Ce beau pays où il y a pourtant tant de talents, de générosité, de chaleur est pris en otage par une poignée de profiteurs sans foi ni loi uniquement motivés par l’appât du gain, qui se déculpabilisent en reversant à leur famille quelques miettes de l’argent gagné indignement... C’est dommage mais le résultat dans ces conditions n’est pas surprenant...

    • SN

      mots durs mais malheureusement vrai !
      Sénégal fait quelques pas en arrière .....

    • SN

      Ici on n’a jamais vu un ministre se passionner pour son boulot.
      Allez les voir dans leur bureau, ils passent le plus clair de leur temps à ne se préoccuper que de leur maintien à leur poste, le reste est tout à fait secondaire.

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  • SN

    Bonjour à toutes et à tous,
    Je remercie l’auteur de cet article qui m’a presque tiré les larmes tellement le gâchis humain est manifeste. Je reviens de mon 9è voyage au Sénégal en 5 ans. Touriste je suis assurément puisque je viens de France en visiteuse. D’origine très lointaine africaine, je séjourne en « sénégalaise » au pays. Assez loin des infrastructures touristiques classiques. Brousse, campements villageois, cases dans les villages mais avec aussi quelques incursions dans les lieux incontournables. Oui je suis la plupart du temps la seule toubab à l’horizon ! Ce n’est pas pour me déplaire si je raisonne égoïstement mais je ne viens par au Sénégal pour m’isoler des autres et je constate à chaque fois le désarroi des populations accueillantes qui aimeraient voir arriver des visiteurs. Je vois les ravages des fermetures d’établissement. Alors à mon niveau, je n’ai rien de mieux à ajouter aux différents constats et solutions avancées. Je voudrais juste écrire ce que je vis avec grande difficulté lors de mes déplacements (on n’est pas obligé d’avoir les moyens d’un 4/4). Lorsqu’un pays délaisse à ce point les transports en commun, il y a une forme de mépris pour la population et pour les visiteurs. Sans facilité de déplacement il n’y a pas de développement possible, ni économique ni social ! Tout est à faire, réseau ferroviaire, état des routes (particulièrement honteux pour les grands axes), réseau de cars qui ne vous laissent pas en panne pendant des heures au bord de la route, sécurité des taxis-brousse.... le travail ne manque pas. Je souhaite que le peuple sénégalais exige cela de ses gouvernants.

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  • SN

    Intéressant texte de constatation et excellent commentaires notamment de domdel - L’industrie touristique car c’est une industrie, ( elle sera la bientôt la première dans le monde, et elle est déjà la première dans de nombreux pays ). Elle doit appartenir à ceux qui la font vraiment...les entrepreneurs, même si bien entendu il faut l’appui des différents paliers du gouvernement concernés et concertés, pour régler les inconvénients, que ce soit les visas, la formation des travailleurs, ou le redressement de l’image que projette le pays dans les médias internationaux. Il est certain que brûler le drapeau d’un pays qui est un des principaux marchés du Sénégal, n’est pas une trés bonne idée. Les ministres du tourisme sont sans importance, ce qu’il faut c’est un plan stratégique sur plusieurs années.et des personnes compétentes pour en assurer la réalisation, les ministres viendront seulement faire des déclarations et des discours et des ronds de jambes. Les entrepreneurs doivent se prendre en main et faire pression sur les instances gouvernementales, car après tout, ce secteur industriel est générateur d’entrée de devises et créateur d’emploi, quel politicien pourrait refuser celà...Il faut une vision et bien souvent ce sont les entrepreneurs qui ont cette vision et eux seuls sont capables de la mettre en place si on leur laisse les coudées franches. Le Sénégal a beaucoup à offrir et beaucoup de potentiels...il faut sans doute une véritable concertation entre le secteur privé et le secteur gouvernemental, si tout le monde est d’accord pour relever cette industrie, il faut établir un plan stratégique et s’y tenir en ayant identifié tous les moyens de le réaliser, il faut assouplir ou éliminer les contraintes...( à qui va l’argent des visas ) ? Il faut faciliter les investissements notamment étrangers et arrêter de brûler les drapeaux de ceux qui peuvent être vos invités. Cela prendra sans doute quelques années, mais si rien n’est fait bientôt....bye bye Sénégal comme destination touristique.

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  • SN

    Je vis pour trois mois à Dakar, je suis de l’Autriche.
    Je adore dakar et se sentir en sécurité et heureux ici.

    1) abolit le visa ennuyeux, qui effraie les touristes !!!

    2) fait plus de publicité en Europe, le Sénégal est beau et intéressant !
    les gens sont sympathiques et gentils.

    3) Le Sénégal est devenu très cher, je voulais parler, vous ne pouvez logement privé, un hôtel ne est pas abordable pour un européen !

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  • SN

    Si je ne me trompe pas la principale mesure demandé par les pros du secteur du tourisme était la suppression du visa.
    Il y a peu de temps le ministre du tourisme a annoncé quelques mesures mais je n’ai pas encore vu la profession applaudir des « deux mains » à ces dernières.
    J’ai bien peur que ces mesures n’auront que très peu d’efficacité, au moins à court terme. Au mieux la venue des touristes continuera à stagner au niveau actuel (effectivement catastrophique pour la saison 2014/2015) au pire voir encore régresser sur 2015/2016.
    En effet les mesures financières tel que celle de la tva, celles de prêts hôtelier, ou de revalorisation du site de saly n’auront des effets qu’à moyens et longs termes. Entre le moment de la décision d’investir et le moment de la réalisation, il y a des délais incompressibles ( minimum de 24 à 48 mois). De plus il faudra ensuite que, par le « bouche à oreille », l’image du tourisme Sénégalais redevienne positif….C’est pas gagné !..
    Bien sur il y a Ebola mais il faut maintenant y ajouter des images passées sur les principales chaines de tv aux heures de grandes écoutes montrant un drapeau français brûlé à Dakar (90% des tourismes qui venaient et viendront au Sénégal sont « des Charlie » ).
    Je doute aussi que cela soit positif pour inciter et faire venir d’importants investisseurs.
    Il est aussi assez négatif de dire que l’on renforce la police touristique car cela suggère que le danger existe (agression, terrorisme etc…). Franchement cela est contre productif ( en France ont renforce le plan vigipirate car le risque est plus que jamais réel et cela est indispensable pas vraiment une bonne chose pour le tourisme Parisien)….Il faut, bien sur, renforcer la sécurité sur les sites touristique mais ne pas en faire un axe de communication ! Il serait d’ailleurs bien plus efficace pour les tourismes de faire interdire la mendicité et les talibés ».
    Les seules mesures fortes psychologiquement et financièrement pour sauver les saisons touristiques des 3 ou 4 années prochaines auraient été la suppression des visas et la baisse conséquente des taxes aéroportuaires !... Cela aurait permit, en partie, de contrer l’effet Ebola » en offrant un rapport qualité/prix concurrenciel
    Les mesures prises ne sont sans doute pas inutiles mais certainement à très faible impact à court et moyen terme.
    Hélas beaucoup de Sénégalais qui vivent du tourisme sur la petite côte et en Casamance vont continuer à souffrir

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  • SN

    Je viens au Sénégal depuis 9 ans ou j’ai la chance de posséder une maison et pourtant rien n’est plus désagréable qu’arrivée à destination on vous arrache presque le bras pour prendre votre valise alors que vous avez le même chauffeur depuis que vous venez , de plus la mise en place du visa n’arrange rien , pour une famille avec deux enfants il faut compter 200 Euros de plus ! c’est énorme sachant que le billet d’avion est déjà cher

    • SN

      si vous avez une maison vous êtes résidents vous ne payez pas le visa !!! mais vrai qu’il faut progresser pour attirer les touristes . La Thailande et le Maroc attirent plus

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  • SN

    Quel magnifique texte mais si désespérant je suis en total accord avec ce qui est écrit je me rends au sénégal depuis plus de 40 ans dont 15 ans à Saly et j’ai vu la dégringolade du tourisme se faire année après année le soleil est une richesse égale au pétrole dommage que les hommes politiques de ce pays l’aient oublié oui le visa est une erreur les européens qui viennent au sénégal ne viennent pas pour y prendre un travail mais pour y apporter des devises ce qui a été oublié à titre personnel j’ai créé une association humanitaire Les Moulins de Saly dans le but de scolariser des enfants pauvres de cette commune Nous en avons 33 cette année mais notre maison d’hôtes est vide Quel dommage que tout cela Réveillez vous ! Manifestez-vous où lors beaucoup de gens vont perdre leur emploi et souffrir Que Dieu nous vienne en aide

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