Le saviez-vous ? Le ceebu jën est inscrit à l’UNESCO, mais ce ne sont pas seulement ses ingrédients qui sont reconnus
Le ceebu jën, ou thiéboudienne, est inscrit depuis 2021 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Mais l’UNESCO ne reconnaît pas simplement une recette. Elle reconnaît aussi les savoir-faire et les pratiques culturelles qui entourent sa préparation et sa consommation.
Le dossier indique notamment que la recette et les techniques de préparation sont traditionnellement transmises de mère en fille. Dans la plupart des familles, le plat se mange à la main et certaines règles accompagnent le repas : le bol doit être tenu de la main gauche, il ne faut pas laisser tomber les grains de riz et il est interdit de manger avec un genou relevé.
Autre détail étonnant : la qualité du poisson et le choix des légumes peuvent dépendre de l’importance de l’événement ou du degré d’affection porté à l’invité.
Le ceebu jën est ainsi considéré comme bien plus qu’un plat : il participe à l’affirmation de l’identité sénégalaise.
Le saviez-vous ? Penda Mbaye est associée à l’histoire du ceebu jën… mais son rôle reste à raconter avec prudence
On entend souvent dire que Penda Mbaye, une cuisinière de Saint-Louis, aurait inventé le ceebu jën.
Cette histoire figure bien dans l’inventaire du patrimoine culturel immatériel du Sénégal, qui présente le ceebu jën comme un plat inventé par une femme appelée Penda Mbaye.
Mais il serait trompeur de présenter cette affirmation comme un fait historique définitivement établi. Les sources disponibles ne permettent pas de reconstituer avec certitude son parcours ni de prouver qu’elle est à elle seule l’inventrice du plat.
Penda Mbaye appartient donc surtout au récit transmis autour des origines du ceebu jën.
Et c’est peut-être ce qui rend cette histoire encore plus intéressante : derrière l’un des plats les plus célèbres du Sénégal se cache aussi une mémoire dont une partie reste mystérieuse.
Le saviez-vous ? Le Sénégal et la Gambie abritent plus de 1 000 monuments mégalithiques
Dans certaines régions du Sénégal et de la Gambie, d’impressionnants cercles de pierres dressées témoignent d’une tradition monumentale ancienne.
Les Cercles mégalithiques de Sénégambie, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2006, regroupent quatre grands ensembles : Sine Ngayène et Wanar au Sénégal, Wassu et Kerbatch en Gambie.
L’ensemble représente une concentration de plus de 1 000 monuments, répartis sur une bande d’environ 100 kilomètres de large et 350 kilomètres de long le long du fleuve Gambie.
Les quatre ensembles inscrits comprennent 93 cercles, accompagnés de nombreux tumuli et monuments funéraires.
Certains vestiges ont été datés entre le IIIe siècle avant notre ère et le XVIe siècle, témoignant d’une tradition monumentale qui s’est développée sur plus de 1 500 ans.
Le saviez-vous ? Le Sénégal compte plus de 10 000 tumulus funéraires recensés
Les cercles mégalithiques ne sont pas les seuls vestiges étonnants du passé sénégalais.
Selon un inventaire cité par l’UNESCO, le Sénégal compte 10 316 tumulus répartis sur 1 896 sites.
Ces monuments funéraires, appelés notamment mbanaar en wolof, sont constitués de sable et recouvrent des sépultures anciennes.
Le site de Cekeen, dans le centre du Sénégal, est particulièrement remarquable : il comprend un ensemble de 56 tumulus, dont le plus élevé, appelé Wago Fal, atteint environ 12 mètres de hauteur.
Cela en fait l’un des ensembles de tumulus les plus spectaculaires d’Afrique de l’Ouest.
Le saviez-vous ? Senghor a été le premier Africain à entrer à l’Académie française
On connaît Léopold Sédar Senghor comme le premier président du Sénégal indépendant et comme l’un des fondateurs du mouvement de la Négritude.
Mais son parcours littéraire l’a également conduit sous la Coupole.
En 1983, il est élu à l’Académie française, avant d’y être officiellement reçu l’année suivante.
L’Académie française le présente comme le premier Africain entré dans la Compagnie.
Un parcours exceptionnel pour celui qui fut également président du Sénégal et l’un des grands poètes de langue française du XXe siècle.
Le saviez-vous ? Blaise Diagne a été élu député du Sénégal en France en 1914
Né à Gorée en 1872, Blaise Diagne entre dans l’histoire politique en étant élu député du Sénégal à la Chambre des députés française le 10 mai 1914.
Il exercera ce mandat pendant près de vingt ans, jusqu’à sa mort en 1934.
Il devient également maire de Dakar et, en 1931, sous-secrétaire d’État aux Colonies.
Selon l’Assemblée nationale française, il fut alors le premier ressortissant d’Afrique noire à accéder à une fonction ministérielle dans un gouvernement français.
Pendant la Première Guerre mondiale, il joue également un rôle important dans le recrutement de soldats africains pour l’armée française.
Son parcours est donc bien plus complexe que la seule formule de « premier député africain ».
Le saviez-vous ? Dakar est devenue la capitale de l’Afrique occidentale française en 1902
Aujourd’hui, il semble évident que Dakar soit la capitale du Sénégal. Mais cela n’a pas toujours été le cas.
Pendant plusieurs décennies, Saint-Louis était le principal centre politique de la colonie et devint la capitale de l’Afrique occidentale française.
En 1902, la capitale fédérale de l’AOF est transférée de Saint-Louis à Dakar.
Saint-Louis restera toutefois la capitale du Sénégal jusqu’en 1957, avant que Dakar ne devienne également la capitale du Sénégal indépendant.
Autrement dit, Dakar n’a pas toujours été le centre politique de la région : elle a progressivement pris le relais de Saint-Louis au début du XXe siècle.
Le saviez-vous ? Pour construire la Grande Mosquée de Touba, un chemin de fer de 50 kilomètres a été construit
La construction de la Grande Mosquée de Touba a nécessité bien plus que des pierres et des ouvriers.
Lorsque le projet avance au début des années 1930, l’administration coloniale impose notamment la réalisation d’une voie ferrée permettant d’acheminer les matériaux lourds nécessaires au chantier.
La communauté mouride entreprend alors la construction d’un chemin de fer de 50 kilomètres entre Diourbel et Touba.
La première pierre de la mosquée est posée en 1932 et l’édifice est inauguré le 7 juin 1963.
La construction de la mosquée s’est donc étendue sur plusieurs décennies, avec un chantier porté en grande partie par la mobilisation de la communauté mouride.
Le saviez-vous ? Saint-Louis a accueilli l’un des premiers musées consacrés à l’histoire et à l’ethnographie de l’Afrique occidentale
Saint-Louis n’était pas seulement un centre politique et commercial.
Le 15 mars 1864, la ville inaugure un musée consacré à l’industrie, à l’ethnographie et à l’histoire de l’Afrique occidentale.
Les documents de l’UNESCO le présentent comme le premier musée de ce type en Afrique occidentale.
À cette époque, Saint-Louis était déjà un important centre administratif et culturel de la région.
La ville possède donc une histoire muséale bien plus ancienne qu’on pourrait l’imaginer.
Le saviez-vous ? Au Sénégal, un combat de lutte peut être aussi un spectacle de musique et de culture
La lutte sénégalaise, ou laamb, ne se résume pas à deux lutteurs qui cherchent à faire tomber leur adversaire.
Autour du combat, les chants, les tambours, les danses, les griots et les différentes performances des lutteurs occupent une place importante.
Le combat devient ainsi un événement qui mêle sport, musique, culture populaire et spectacle.
C’est notamment ce qui explique la place particulière qu’occupe la lutte dans la société sénégalaise : un grand combat peut dépasser largement le cadre sportif et devenir un véritable événement collectif.
Le saviez-vous ? Les langues du Sénégal peuvent changer radicalement d’une région à l’autre
Le français est la langue officielle du Sénégal, mais il est loin d’être la seule langue parlée dans le pays.
On y trouve notamment le wolof, le pulaar, le sérère, le diola, le soninké et le mandingue, ainsi que de nombreuses autres langues et variétés locales.
Cette diversité linguistique reflète l’histoire et la composition culturelle du pays.
Dans certaines régions, deux communautés vivant à quelques kilomètres l’une de l’autre peuvent ainsi avoir des langues maternelles différentes, tout en utilisant également le wolof ou le français pour communiquer.
Le Sénégal est donc aussi un pays où la diversité culturelle s’entend littéralement dans la langue.
Et ce n’est toujours pas fini…
Le Sénégal possède une histoire qui dépasse largement les images que l’on connaît le mieux.
Sous les plats populaires se cachent des savoir-faire transmis de génération en génération. Sous les paysages se trouvent des milliers de monuments funéraires.
Derrière certaines pierres dressées se cache une tradition monumentale vieille de plus de 1 500 ans. Et derrière des noms comme Senghor ou Blaise Diagne se trouvent des parcours qui ont largement dépassé les frontières du pays.
De Saint-Louis à Touba, de Dakar à la Sénégambie, le pays révèle ainsi des histoires parfois étonnantes, parfois méconnues, mais toujours liées à la richesse de son patrimoine.
Et si vous pensiez déjà bien connaître le Sénégal, il reste encore énormément de choses à découvrir.




