Tapisseries

Au cœur des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs

Ambitieux projet de Léopold Sédar Senghor à l’aube des indépendances, les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) de Thiès ont produit des tapisseries de luxe pendant plus d’un demi-siècle. Les produits proposés sont désormais beaucoup plus diversifiés. Nous avons fait une visite pour vous.

« Un art nouveau pour une nation nouvelle », tel était l’un des propos forts de Senghor premier président du Sénégal, lors de son discours inaugural de la structure dénommée à l’époque, Manufacture nationale de Tapisserie, le 4 décembre 1966 à Thiès. Il souhaitait créer un cadre d’émergence des arts plastiques sénégalais modernes, à travers la peinture, la sculpture, l’architecture, la tapisserie.

La qualité du label Msad

Depuis plus de cinquante ans, les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs ont tissé de nombreuses tapisseries murales, de tailles variables, entièrement faites à la main et dont le tirage est limité. Le choix des œuvres à reproduire en tapisserie se fait suite à un appel d’offres. Celles qui sont sélectionnées sont achetées avec droit de reproduction jusqu’à huit exemplaires. En cas de besoin après reproduction de ce nombre permis, il est possible de négocier avec l’artiste, seulement pour deux autres exemplaires supplémentaires au maximum.

Vendue à un prix subventionné à hauteur de 500 000 francs Cfa le mètre carré, le coût d’une pièce dépasse facilement le million. Ces tapisseries qui sont des produits de luxe sont le fruit de l’expertise de talentueux plasticiens et liciers sénégalais. Les pionniers de la maison sont un groupe de quatre jeunes diplômés en peinture sortis de l’Ecole nationale des beaux arts de Dakar envoyés ensuite en formation aux techniques de tapisserie aux Manufactures des Gobelins en France.

Sous l’impulsion du directeur de l’époque et maitre d’œuvre de l’établissement Papa Ibra Tall, les tapisseries sont disséminées à travers le monde. On peut les apprécier dans de nombreuses institutions , dans les palais des rois et des chefs d’État, dans les organisations internationales. Quelques unes se trouvent également dans des entreprises et chez les particuliers et sont présentent dans des expositions itinérantes internationales.

L’introduction du tapis de sol et la diversification des activités

Pour surmonter des moments difficiles, Sidy Seck, nouveau directeur de cet établissement public à caractère industriel et commercial, décide de diversifier la production. Le tapis de sol et de prière a été lancé le 1er mai 2013 en vue de satisfaire le marché sénégalais, régulièrement inondé de tapis importés de l’étranger. La maison réalise également des mosaïques, de la reproduction graphique (lithographie et sérigraphie), du batik  , etc.

La politique de diversification des produits et activités se traduit aussi par des initiatives comme le Grattoir d’Or, l’événement « Sargal » la mise en place du Centre de formation et d’insertion pour assurer la relève du personnel, la conception de produits dérivés...

La visite est passionnante. On y découvre des œuvres remarquables et on peut assister au minutieux travail des artistes et artisans.

Un peu d’histoire

La première forme d’industrie culturelle créée par l’Etat sénégalais a pris la forme d’un atelier de tapisserie, intégré à la section « recherches plastiques nègres », créé en 1964 par l’artiste peintre Papa Ibra Tall et première étape d’un projet ambitieux et cher à Senghor et à Tall d’une manufacture nationale de tapisserie (art non pratiqué auparavant au Sénégal).

Pour les besoins du projet, Senghor fait envoyer dès 1964 les premiers diplômés (Mamadou Wade, Mar Fall, Doudou Diagne et Alioune Diakhaté) en peinture de la section de Tall en formation dans les techniques de tapisserie à Aubusson et aux Gobbelins en France. A leur retour en 1966, l’atelier est transformé en manufacture nationale de tapisserie et transféré à Thiès. En 1973. elle prend le nom de Manufactures sénégalaises des Arts décoratifs.

Très dépendantes des subventions de l’État, qui achetait toutes les productions, les Manufactures connaissent depuis de nombreuses années une situation difficile.

Source : d’après Ethiopiques

Informations pratiques

Ouvert du lundi au vendredi de 8h à 13h et de 14h 30 à 17h

Tarifs

  • 2000 Fcfa/personne (visite complète des différentes ateliers et de la salle d’expo)
  • 1000 Fcfa/personne ( visite guidée de salle d’expo uniquement)

Contact
Manufactures sénégalaises des arts décoratifs
Quartier dixième, Thiès / Sénégal
Tél. : (+221) 33 951 08 62 ou (+221) 77 333 32 07
Courriel : msadthies gmail.com

> Thiès, capitale du rail

Youssouf Chinois

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