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Entretien

Ombre Zion, un nom pour une vision

Artiste le plus innovateur 2016 selon les Raaya Awards, voici Ombre Zion, chanteur éclectique officiant dance hall, reggae, hip hop, afrobeat soul, hip hop etc. Entretien.

Partagez cette page Publié le 24 janvier 2017 | 0 commentaire

Original et talentueux, son premier album international sera dans les bacs au cours de l’été 2017. Et si selon lui « Aujourd’hui pour être artiste au Sénégal il faut juste avoir une garde-robe et le reste c’est le copinage », il n’en demeure pas moins optimiste quant à sa propre carrière. Interview avec une voix qui chante, interview d’un cerveau qui se réfléchit.

Bonjour Ombre. Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Ombre Zion, artiste reggae dancehall sénégalais. Je suis né et j’ai grandi à Pikine dans la banlieue dakaroise. J’ai commencé la musique en 1994, au collège, dans le groupe Suprem Kaddu Magg avec deux amis, Léon Bassène (Jahman) et Amboure Kanté (Tekan). Nous faisions plusieurs styles allant du reggae à la soul, onomatopée et un peu de hip hop.

En 2005, j’ai commencé la deuxième partie de ma carrière en solo. J’ai eu la chance d’être sollicité par les artistes hip hop du Sénégal pour de nombreux featurings. Ceci m’a valu une reconnaissance sur la scène musicale sénégalaise. J’ai fait presque tous les grands festivals du pays, accompagné de mon Band (Fesman, Africa Fête, Bema, Vieilles Pirogues , les Découvertes de CCF, Banlieue Rythme et j’en passe), Pireneos Sur en Espagne, Bubaque Festival en Guinée Bissau, Gamboa Festival au Cap Vert et Abi Reggae Fest en CôteXX d’Ivoire. J’ai partagé des scènes avec de grands artistes dont Stromae, Tabo Conbo, les Morgan Heritage, Julian Marley, Mutabaruka, Tiken Jah, Takana Zion, Ismael Isaac...

En 2016 j’ai sorti mon premier album de 14 titres intitulé « 2016 Dougnou Laal Wethiet » qui a été bien accueilli par le public reggae et hip hop. Je suis de la zone d’agglomération et je me sens concerné par leurs problèmes que j’exprime à travers ma musique, où le concept Rude Boy inna Capital, juste pour représenter ceux qui n’ont pas de voix.

« Ombre Zion », pourquoi spécifiquement ce nom de scène ?

En fait mon nom d’état civil est Oumar Niane et mes amis se sont inspirés de çaa pour me donner ce surnom Ombre. Et moi j’ai rajouté Zion qui veut dire tout simplement la terre promise, l’Afrique ou le paradis.

Je pense que Zion résume tout. L’image de l’Afrique se reflète dans mes textes et amène les gens à voyager dans mon paradis musical qui est tout simplement un mélange de différents styles.

Depuis combien de temps faites vous du rap et du reggae ?

Je peux juste dire que je suis musicien. Le reggae reste le genre musical que je fais le plus, mais il m’arrive de me poser sur du hip hop par simple feeling et surtout pour laisser un message aux jeunes. Depuis 2005, je fais des featurings avec les rappeurs.

C’est ce qui m’a beaucoup donné cette ouverture musicale et surtout une forte influence hip hop. Donc je me dis que je suis reggae mais je suis hip hop.

Comment en êtes vous venu à la musique ?

J’ai grandi dans un environnement de mélomanes qui écoutaient la musique africaine et beaucoup de reggae d’où viennent mes premières influences. Ensuite, très attiré par le Ragga Muffing, j’ai commencé à reprendre les hits jamaïcains de cette époque et je me suis rapidement initié aux chants et toasts. C’est de là que tout est parti.

Les difficultés rencontrées ?

Bah, je pense que le reggae n’a pas encore la place qu’il mérite sur la scène musicale sénégalaise même si ses acteurs sont très engagés et travaillent d’arrache-pied pour le booster. Les artistes et musiciens qui le font ne sont pas assez diffusés par les médias, ce qui ralenti vraiment l’essor de ce dernier. Aujourd’hui pour être artiste au Sénégal il faut juste avoir une garde robe et le reste c’est le copinage. Mdr.

Le talent et la créativité ne sont plus d’actualité. Je peux dire que je suis l’artiste qui a fait le plus de featurings au Sénégal, mais je reste toujours méconnu du grand public. Parce que tout simplement on ne passe pas ma musique en rotation forte à la télé comme à la radio.

Aujourd’hui j’ai créé mon propre label et je m’auto-produis, mais sans soutien, sans sponsors ni rien. Et qui connait la production et tous les frais qu’elle comporte sait que c’est beaucoup d’efforts fournis pour faire plaisir aux gens, mais après il n’y a pas vraiment un grand retour. Pour percer ici, il faut faire partie d’un lobby. Et en général c’est ce qui tue la musique sénégalaise.

Vous avez reçu le trophée de l’artiste le plus innovateur aux Raaya Awards. Que représente ce prix pour vous ? Vos impressions ?

Comme on dit : « tout effort mérite salaire ». C’est réconfortant de voir que notre travail commence aujourd’hui à être reconnu. Je remercie les organisateurs et tous ceux qui ont cru en nous depuis le début. Le message que j’ai passé après avoir reçu le trophée était destiné à tous ces artistes qui font un bon travail et qui n’ont aucun soutien. Qu’ils continuent à se battre parce que le meilleur reste à venir.

Ombre Zion reçoit son prix

Recevoir un prix met-il une pression supplémentaire sur l’artiste ?

A part le plaisir que ça fait je ne pense pas vraiment... Je continue à bosser sans lassitude pour produire de la qualité pour tous ces gens qui aiment ma musique et me soutiennent. Je vise le disque d’or.

Votre actualité ?

Je prépare mon album reggae international sous la direction artistique de Manjul (Humble Ark), produit par le label Universoul Records en collaboration avec mon label Rude Boy Music Group. L’album sortira au courant de l’été 2017.

Trois singles seront lancés prochainement pour annoncer un deuxième album Rude Boy ina Capital qui sortira d’ici quelques mois avant le grand album reggae international. Ce album sera un mélange de reggae, dancehall, afrobeat, soul et hip hop. Il sera disponible en cd et sur toutes les plateformes digitales.

S’il y avait une chose de votre passé que vous auriez faite autrement, quel serait-elle ?

Mes études...J’ai toujours eu des moyennes 18 et des tableaux d’honneur. C’est ma passion, la musique, qui m’a emporté. Et aujourd’hui, quand je pense à mes parents et tout l’espoir qu’ils avaient de me voir réussir dans mes études, j’ai des remords.

A quoi votre public doit il s‘attendre pour 2017 ?

Deux albums très riches en compositions et messages. Et beaucoup de concerts live et surtout de très grands événements.

Enfin, votre définition du rap ?

Pour moi le rap est une musique qui épanche le cœur des populations dont il est le reflet. Il doit prévenir, éduquer, revendiquer dans la paix et l’harmonie. C’est un cri de ralliement contre l’injustice que subit le bas peuple. Une musique très essentielle pour stabiliser une société.

Concert Live de Zion le 10 février 2017 au Just for You


Voir en ligne : https://www.reverbnation.com/ombrezion

Irène Idrisse. Contactez Ombre Zion : oumarzion gmail.com

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