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Lat Dior, dernier damel du Cayor

Lat Dior Ngoné Latyr Diop, dit Lat Dior, résistant et patriote, se comparait lui-même à "un arc que l’on peut ployer mais que l’on ne peut rompre". Dernier damel (roi) du royaume du Cayor, il lutta toute sa vie contre les volontés expansionnistes des autorités coloniales. Son abnégation et son amour de la patrie font de lui une des grandes figures de l’histoire du Sénégal et de l’Afrique. Il disait souvent :"Je veux vivre digne et généreux".

Le royaume du Cayor

Le royaume du Cayor (de gay-i-dior, « ceux du sable ») s’est développé entre le milieu du XVe siècle et 1886, le long de la côte entre la rive gauche du fleuve Sénégal et le sud de la presqu’île du Cap-Vert, englobant le site de Dakar.

À l’origine tributaire du royaume de Diolof, le Cayor connut son premier monarque, Diéthé Fou Ndiogou Fall, en 1549. Ce premier damel (roi) sera suivi de trente autres.

A l’époque, pour accéder au pouvoir, il fallait impérativement faire partie du cénacle des sept familles nobles à succession matrilinéaire du royaume. Les guerriers venaient pour l’essentiel de la population même du Cayor, mais le royaume désirant agrandir son effectif de combattants avait également dans ses rangs des ex-prisonniers élevés au rang de guerriers.

Cependant, si imposante et bigarrée qu’elle soit, l’armée y compris les ex-prisonniers avait fait allégeance au roi et lui était d’une fidélité sans faille.

Damel à vingt ans

Lat Dior naît en 1842 à Keur Amadou Yalla dans la province sénégalaise du Cayor. Son père s’appelait Sahhewer Sokhna Diop. Sa mère, une Linguère (les Linguères étaient des sœurs, des cousines, des tantes ou des mères du roi en place) se nommait Ngoné Latyr Fall.

A la mort de son frère aîné qui devait selon la coutume succéder au roi en place, Lat Dior fut intronisé damel en 1862. En fin stratège, il initia aussitôt nombres d’alliances et mésalliances avec ses voisins qui lui valurent moult inimitiés.

Mais le pouvoir colonial s’employa à l’écarter d’un trône qui lui revenait pourtant de droit : Mafiodo Fall fut proclamé damel, représentant aux yeux des colons le double avantage d ’être favorable à leur politique et aisément manipulable.

Lat Dior, révolté, livra à Ngol Ngol une première bataille sans merci qui laissa les troupes coloniales et celles de Mafiodo exsangues. Victoire de courte durée car les troupes françaises désireuses de laver l’affront reviendront avec de l’armement lourd et moderne : mitrailleuses lourdes et canons. Ce genre d’armement n’avait encore jamais été utilisé en sol africain.

Séjour dans le Sine

En 1864 à Loro, suivant l’ordre donné par Faidherbe, les troupes coloniales et leurs alliés attaquèrent Lat Dior et ses troupes. Ces derniers furent défaits, obligeant ainsi le jeune damel déchut à chercher refuge au Rip, dans le Sine.

Cette région était à l’époque gouvernée par Maba Diakhou Ba qui, bien qu’ayant signé des accords avec les Français, lui offrit volontiers l’hospitalité sans toutefois l’aider à reconquérir son trône.

Auprès de Ma Ba Diakhou, Lat Dior, qui était de tradition Tièddo donc animiste, se convertit à l’islam afin de rentrer dans ces bonnes grâces et devint son premier lieutenant en bataillant contre les sérères animistes afin de leur imposer la religion musulmane. Durant ces années Lat Dior livrait également bataille contre les forces coloniales, dont les exactions provoquaient migrations et exodes de populations entières et nourrissaient chaque fois un peu plus le sentiment d’urgence à les bouter hors du Cayor.

Damel du Cayor et teigne du Baol

Ma Ba Diakhou succomba en 1867 durant la bataille de Somb dirigée contre Bour Sine Coumba Ndofène, grand chef des sérères animistes. A sa mort, Lat Dior revient au Cayor en s’appuyant sur les captifs royaux et la confrérie des Tidjanes (disciples du conquérant El Hadj Omar), fermement décidé à reconquérir son trône. Devant l’enthousiasme et la ferveur que soulevaient son passage, le pouvoir colonial se vit contraint de lui confier un poste de "chef de canton". De fait Lat Dior était redevenu damel. Au bout de quatre ans, les Français signèrent même un traité de paix avec lui qui était alors au faîte de sa puissance. Lat Dior annexa alors le royaume du Baol afin de porter la double couronne de damel du Cayor et teigne (duc) du Baol. Les français essayeront en vain de miner son pouvoir..

La situation se prolongea ainsi jusqu’en 1878 lorsque les Français décidèrent d’utiliser les terres du Cayor afin de construire la ligne de chemin de fer Dakar – Saint-Louis et de développer la culture de l’arachide. Lat Dior opposa un véto catégorique à ce projet en appelant tout son peuple à la révolte.

La fin du royaume

Fin 1882-début 1883 éclata la guerre entre les troupes de Lat Dior et celles de la colonie. Les français disposant d’armements plus sophistiqués et de moyens supérieurs, Lat Dior eut recours à la ruse : attaques surprises, guets-apens, attaques ciblées, embuscades, pour saper le moral de l’adversaire et le maintenir dans un épuisant état d’urgence.

Malgré les coups portés à l’ennemi, Lat Dior fut contraint de quitter le Cayor en 1884 et de chercher refuge auprès d’Alboury Ndiaye, roi du Djoloff, réputé pour sa vaillance et sa science de la guerre...

Les français s’empressèrent d’installer sur le trône du Cayor un roi sans envergure, Samba Yaya Fall, très vite remplacé par Samba Laobé Fall à cause du courroux du peuple. Mais ce dernier autorisera la construction du chemin de fer et placera officiellement le Baol sous protectorat français. Les Français s’octroyaient ainsi une large bande de terre longeant le littoral et purent inaugurer le chemin de fer en 1885. La collaboration zélée de Samba Laobé Fall ne fut toutefois pas récompensée puisqu’il succomba près de Tivaouane sous les balles des lieutenants Chauvet et Spitzer agissants sous ordre des autorités françaises. Les autorités françaises supprimèrent le titre de damel et s’employèrent à diviser le royaume du Cayor en six provinces distinctes...

Lat Dior devint alors interdit de séjour au Cayor. Il leva vite une armée afin de lutter contre les forces coloniales. Mais le 26 octobre 1886, à Dekhlé, face à une colonne de spahis commandés par le capitaine Valois, Lat Dior quarante quatre ans, dernier roi du Cayor tomba ainsi que deux de ses fils et 78 de ses compagnons d’armes.

Le royaume de Cayor disparaît avec lui.

La légende de Lat Dior

On raconte que l’homme, le résistant, l’indomptable guerrier, fut tué par une balle en or tout spécialement fondue pour lui car les balles classiques n’avaient sur son corps aucun effet...

Lat Dior avait six chevaux préférés, l’un d’eux se nommait Lityin ce qui signifie épervier et un autre Suusa-up-kaani ce qui voulait littéralement dire "couscous de piment". Une statue de l’un deux, Malaw, se trouve sur une place de la rue Malick Sy à Dakar.

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Mis à jour le 31 janvier 2008
Lat Dior, damel du Cayor
Lat Dior, damel du Cayor
Le lieutenant Faidherbe
Le lieutenant Faidherbe
Malaw, un des six chevaux de Lat Dior
Malaw, un des six chevaux de Lat Dior

20 commentaires

  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    19 février 2008 10:53, par auteur bilal mbaye yassa0100
    en quel annee le royaume du cayor à etait cree

    Répondre

  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    23 septembre 2008 13:20
    Voici un grand homme. Merci pour ton courage et ta clairvoyance

    Répondre

  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    15 novembre 2008 16:43, par auteur optimus prime
    je cherche des renseignements sur la bataille de guilé.

    Répondre

  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    12 janvier 2009 21:42, par auteur aminata
    pour parler de lat dior je n ai pas beaucoup a dire car il est vrai que je suis senegalaise mais de pere et de mere .je ne connait rien du senegal et de son histoire. hier j ai entendu parler de lat dior et de sa bravour par mes parents et c est pour cela que je voulait en savoir plus surtout sur le jour de sa mort. et je crois qu il a ete trahit s il vous plait je voudrais en savoir plus sur son histoire et plus particulierement le jour de sa mort

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    • Lat Dior, dernier damel du Cayor 10 février 2009 15:03, par auteur absa
      lat dior est mort le 26 octobre 1886 lors de la baraille de dekheulè j’croit que c’etait contre la construction du chemin de fer dakar/st-louis

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    • Lat Dior, dernier damel du Cayor 2 mars 2009 21:26, par auteur Ndiobene
      LAT DIOR DIOP est mort a la bataille de dekhle le 26 octobre 1886

      Répondre

    • Bonjour, Lat Dior a été trahi par les Sall qui avaient pactisé avec les colons français pour arriver à leur fin. Une embuscade lui a été tendue par son propre cousin. Comme le dit l’adage : "On est toujours trahi par les siens". Merci,

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  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    3 février 2009 22:11, par auteur ibrahim
    il est brave celui la

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  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    18 février 2009 16:16, par auteur yoro sy
    lat dior est né en 1842,à keur amadou yalla.Il était digne et fier de son sol natal.son courage était indomptable.Il fut damel du cayor en 1862.Il a farouchement lutté contre les fraçais qui voulaient contruire le chemin de fer saint- louis dakar et developper la culture de l’arachide.Contre cette desision,lat dior va poursuivre la bataille.Mais mourus en 1886 lors de la bataille de Dehklé

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  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    19 octobre 2009 09:02, par auteur diop

    et pourquoi les européens pense que ce prenom dior appartient a christian dior dison ce mec avec cé parfum la bref

    moi je suis sénégalaise et je m’appel dior, je comprend pas en france souvent les gens ce moque quand je dise que je m’ppel dior, ba il pense que j’ai voler ce prenom parfum dior la, en tout cas ca aussi les gens dois le dire thristian dior ce prenom dior< ne l’appartienne pas

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    • Lat Dior, dernier damel du Cayor 26 octobre 2009 11:58, par auteur lat dior diop

      AVENEMENT DE LAT DIOR

      Le champ de bataille de Ngol-Ngol fut le site d’une brillante victoire de Lat Dior sur les troupes de son rival, Madiodio, appuyé par les Français (19 décembre 1863).

      En juillet 1862, avec l’appui de Serigne Coki Makhtar Ndoumbé DIOP et des ceddos de la famille Guedj, Lat Dior avait battu l’armée de Madiodio à Thioukhour et avait été sacré damel du Kajoor.

      Protégé des Français, Madiodio escomptait une revanche et était décidé à écarter Lat Dior du Kajoor. Il précisa son alliance avec Faidherbe décidé à évincer Lat Dior qui faisait obstacle à l’expansion de la colonie.

      Conscient de la menace, Lat Dior se ravitailla en armes et munitions provenant de Gambie et Sierra Leone, et fit travailler les forgerons et les cordonniers cayoriens à l’équipement de son armée.

      Prenant les devants, une colonne de tirailleurs conduite par le capitaine de génie Lorans se dirigea vers Soughère, capitale de Lat Dior.

      Elle fut rejointe par Madiodio et son armée.

      Lat Dior réussit à surprendre la colonne qui s’apprêtait à faire étape à Ngol-Ngol. En effet, il avait disséminé ses hommes dans la savane environnante pour guetter la halte au puits de Ngol-Ngol.

      Lat Dior encercla la colonne française ; le combat fut bref mais meurtrier. Les capitaines Lorans et Chauvet, le lieutenant Victor Aymé, l’adjudant Guichet et une centaine de soldats trouvèrent la mort. Madiodio, blessé rentra à Nguiguis.

      Succès et échec de la stratégie de Lat Dior Ngol-Ngol fut la première victoire de Lat Dior sur les Français. Il en remporta ensuite deux autres, à Louga et Méckhé.

      Au cours de ces divers affrontements, Lat Dior se révéla brave guerrier et fin stratège. Il avait été formé à l’art militaire à Khabnan, petit village situé à Pékane.

      Au plan stratégique, Lat Dior allia, souvent, une connaissance parfaite du terrain à l’exploitation des faiblesses de l’ennemi. Faisant jouer à son profit l’effet de surprise, il imposait le combat aux moments et aux lieux favorables à ses troupes. Il se battit souvent, au milieu de la journée, à l’heure où les colonnes françaises, assoiffées, étaient le plus vulnérables. Il était secondé par des lieutenants courageux : Demba War SALL, Sangoné, Ibra Fatim SARR, Bounama SALL.

      Les succès de Lat Dior et son prestige dans le Kajoor incitèrent Faidherbe à concentrer toutes ses forces pour l’anéantir. Trois colonnes firent jonctions à Nguiguis, mettant Lat Dior en positon défavorable. L’étau se resserra à Loro où Lat Dior fut battu le 12 janvier 1864, laissant sur place plus de 300 morts et de nombreux blessés.

      Déchu, il dut céder la place à Madiodio Déguène, soutenu par Pinet Laprade.

      Il se présenta au buur Sine, Coumba Ndoffène, qui ne lui accorda pas l’hospitalité. Finalement, il se rendit dans le Rip, auprès de Maba Diakhou BA et, après avoir réactivé sa foi à l’islam, participa aux différentes batailles de l’almaami du Rip.

      MORT DE LAT DIOR

      Le site de Dekhelé, (l’une des résidences de Lat Dior DIOP damel du Kajoor), situé au cœur de la province du Guet, est devenu célèbre comme le champ de bataille, où Lat Dior tomba le 27 octobre 1886, alors qu’une fois de plus, il défendait avec acharnement la souveraineté du Kajoor.

      Dans l’historiographie sénégalaise, Dékhelé est synonyme et symbole de patriotisme, de courage, d’affirmation et de détermination à préserver l’indépendance nationale.

      Dékhelé est situé à deux kilomètres environ de Thilmakha, dans la sous-préfecture de Niakhène.

      La tombe de Lat Dior confère à ce site un cachet historique de haute portée. Le monument a été inauguré en octobre 1986, lors des cérémonies commémorant le centième anniversaire de la mort de Lat Dior.

      Deux éléments marquent le site de Dékhelé :

        le cénotaphe significatif de la tombe du héros ;

        à cent mètre au Sud de celle-ci, le puits, point d’appui décisif dans la stratégie militaire de l’époque. Ce puits est aujourd’hui tari et même comblé. Il est néanmoins restauré, pour indiquer au visiteur la portée stratégique du lieu.

      L’ultime résistance de Lat Dior à la colonisation

      Dékheulé a vu le dénouement dramatique des relations conflictuelles entre Lat Dior et la colonie du Sénégal ; le principal objet du conflit étant la construction du chemin de fer de Dakar - Saint-Louis.

      Dès 1856, le projet d’une voie ferrée reliant Saint-Louis à Dakar était connu. Cette liaison devait désenclaver le Kajoor, offrir à la colonie un arrière pays, et orienter la production en la fixant dans le champ d’influence du rail.

      Faidherbe l’avait baptisé : “ le chemin de fer de l’arachide ”, et c’est le gouverneur Brière de l’Isle qui en entreprit la réalisation.

      Le 10 septembre 1879, Lat Dior signa avec la France une convention, par laquelle il acceptait que la voie traverse son royaume. En effet, “ Lat Dior dicta à son cadi une lettre pour le gouverneur dans laquelle il acceptait la construction de la ligne de chemin de fer. Il donnait son accord pour la construction du « vaisseau qui marche sur la terre », à condition d’en être propriétaire. Pour mieux contrôler les opérations, il proposait l’envoi de troupes de travailleurs, mais il voulait que tous fussent bien traités et qu’on ne les forçât pas au travail contre leur volonté.”

      En contrepartie, les Français reconnaissent sa souveraineté sur le Kajoor et Saint-Louis s’engageait à le soutenir contre ses rivaux. En janvier 1880, les crédits furent votés à Paris. La Société des Batignolles reçu mission d’exécuter le projet (octobre 1881).

      Mais le 27 avril 1881, Lat Dior dénonça le traité de 1879, car la France ne se décidait pas à lui rendre les banlieues de Dakar et Saint-Louis.

      “ Lat Dior s’élevait contre le projet de construction du chemin de fer. Il reprenait les vieux griefs : les Français n’avaient rendu ni la banlieue de Dakar ni celle de Saint-Louis ; ils ne lui avaient pas donné le Baol. Pourquoi respecterait-il le traité, alors que les Français avaient renié leur parole ? Quelle confiance pouvait-il avoir ? Il refusait dans son pays et au milieu de ses villages le passage du « navire qui marche sur la terre ». Le chemin de fer ferait peur aux populations et les quinze tatas, les gares prévues, seraient des forteresses dirigées contre lui. Lat Dior menaçait d’emmener tous les habitants. Le Cayor serait vide. A quoi servirait le chemin de fer dans un pays déserté ? Ainsi, l’entente était rompue. ”

      La rupture fut totale : le gouverneur de la colonie “ le borom de Ndar ” décida de chasser Lat Dior du Kajoor, et d’accélèrer la construction de la voie ferrée. De son côté, Lat Dior était déterminé à déclencher une lutte économique et militaire pour faire échec aux travaux de chemin de fer et à l’expansion coloniale.

      En 1882, le gouverneur Servatius fait démarrer les travaux du rail, par l’ouverture de deux chantiers : Saint-Louis et Rufisque.

      Pour assurer la sécurité des travaux, une colonne française incendia, le 05 janvier 1883, le palais de Lat Dior à Soughère et le damel dut se replier sur le Saloum. Amary Ngoné FALL fut sacré damel avant d’être destitué et remplacé par Samba Laobé FALL.

      Le 12 mai 1885, les deux tronçons de la voie ferrée se rejoignaient à Kelle et, le 16 juillet de la même année, le chemin de fer Dakar - Saint-Louis était officiellement inauguré à Ndande.

      Le 06 octobre 1886, Samba Laobé mourut à Tivaouane, tué par le capitaine Chauvet. Le gouverneur Genouille décida de nommer Demba War SALL, Président de la Confédaration des six provinces du Kajoor, placées sous le protectorat français. A l’annonce de cette nouvelle, Lat Dior partit de Diadje pour Thilmakha, où il se prépara à aller affronter les Français. Le 27 octobre 1886, suivi de 250 cavaliers, il s’engagea sur les traces du capitaine Valois qui se déplaçait de Ndande sur Diadié. Ayant appris que Lat Dior se dirigeait vers Dékheulé, le capitaine Valois prit position auprès du puits qui se trouve à deux kilomètres environ de cette localité.

      C’est là que la division de spahis de Valois, augmentée de fantassins volontaires sous les ordres de chefs indigènes, affronta les partisans de Lat Dior. Le combat fut acharné, mais le damel resta sur le champ de bataille, ainsi que ses deux fils et 78 de ses plus braves guerriers.

      “Quand on le découvrit, Lat Dior gisait, sans vie, la face contre le ciel, au pied d’un tamarinier, la main encore serrée sur son fusil. A ses côtés deux de ses fils et soixante-dix-huit de ses vaillants guerriers l’avaient suivi dans sa mort glorieuse. Ainsi, Lat Dior avait tenu parole : ce soir, il dirait son salam auprès de Maba Diakhou, son serigne. Le ciel se couvrit d’un nuage noir, gonflé de menaces, comme pour saluer la chute du dernier Damel du Cayor. Pour vaincre l’Invincible, le Généreux, le Combattant suprême, il avait fallu fondre une balle en or : Lat Dior entrait dans la légende. Quand le soleil se coucha le 27 octobre 1886, le Cayor avait changé le destin”

      KAJOOR : LE SACRE DES DAMEL

      Mboul, capitale du Kajoor, était le lieu du sacre des damels. Amary Ngoné SOBEL, damel teigne voulut fonder au Kajoor une résidence plus importante que celle de Palène dedd.

      Ayant sollicité les avis d’un marabout sur l’emplacement favorable, il fonda d’abord le village de Ngui-Guis, puis, dans la partie désignée de la propriété d’un nommé Ndamsi LO, il installa une nouvelle capitale, autour d’un arbre connu sous le nom de Boul : elle pris le nom de Mboul et fut la résidence d’un grand nombre de damels.

      Le palais royal était situé au centre du village. C’était une grande concession, une trentaine de cases construites en banco.

      C’est devant la mosquée, au style architectural original, que se déroulait le sacre des nouveaux damels. L’intronisation d’un nouveau damel se déroulait devant une nombreuse assistance, en costume de cérémonie.

      Très tôt, le jour choisi, le nouveau damel prenait, à Gad Ndiandoul, le bain rituel ou Khouli-Khouli, en souvenir du bain donné à Amary Ngoné Sobel, par le marabout maure Moctar MBAYE. Après avoir payé une coutume de 20 captifs et 20 pagnes, le damel gagnait le site de l’intronisation et gravissait lentement le monticule de sable, élevé face au Conseil, à côté de ses prédécesseurs. Le Laman Jamatil s’avançait alors pieds nus, vers le nouveau souverain et s’écriait : “ Vive le nouveau Damel !”. Le jawrin lui offrait un vase contenant des graines et lui plaçait sur la tête un ruban orné de gris-gris recouverts d’or et d’argent.

      Ensuite, le jaraaf bunt kËr (représentant des esclaves et des ceddos) faisait battre les tabalas et les tambours de guerre. Les fantassins et les cavaliers entraient alors en lice et ouvraient la parade. Musiciens et griots animaient le défilé de l’armée de ceddos qui faisaient allégeance au nouveau souverain.

      Le damel se retirait ensuite jusqu’au bois sacré et restait quelques temps éloigné des regards profanes pendant que se poursuivaient les festivités qui devaient durer une semaine.

      BIBLIOGRAPHIE

      • “ Sites et Monuments en Sénégambie, Images et esquisses historiques ”, Danièle GOSNAVE, Babacar FALL, Doudou GAYE, préface de Iba Der THIAM (Ministre de l’Education Nationale), Association Sénégalaise des Professeurs d’Histoire et Géographique, 1988

      • Dans la série Les grandes Figures Africaines, “ Lat Dior, le dernier souverain du cayor ”, Marie CASANOVA avec la collaboration de I. Baba Kaké ; Direction historique : Ibrahima Baba Kaké, Direction littéraire : François Poli, 1976, Dakar

      • “ Les derniers jours de Lat Dior ”, Thierno BA (Ancien Ministre de la culture)

      • “ Bamba et Lat Dior ”, Bamba MBAKHANE DIOP

      • “ La Fabuleuse épopée de Lat Dior ”, Chérif FALL, Le Soleil du Sénégal, 1971

      • Vincent MONTEIL : “ Lat Dior, Damel du Kayor, et l’islamisation des Wolofs du Sénégal ”, in Tropical Africa (International African Institute / Oxford University Press), 1966 ; in Histoire militaire de l’Afrique Occidentale française, Paris, 1931 ; in Revue d’histoire des colonies, novembre – décembre 1933, “ La campagne du Cayor en 1883 ”.

      • L. FAIDHERBE : “ Le Sénégal, La France dans l’Afrique occidentale ”, Hachette/ Paris / 1889) “ Les Missions catholiques”, n°838, juin 1885.

      • Organismes : L’INSTITUT fondamental d’Afrique noire de Dakar Les Archives Nationales du Sénégal sis à Dakar lat dior diop tel 773590350

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  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    8 novembre 2009 23:14, par auteur jayane

    Bonsoir !

    Que sont devenus les descendants de Lat dior Diop ?

    Merci

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    • Lat Dior, dernier damel du Cayor 8 janvier 15:16, par auteur miss tara
      Les descendants de lat dior sont tres fiers d avoir un grand parent heros

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    • Lat Dior, dernier damel du Cayor 28 février 19:06, par auteur descendante
      ben ils sont là...un peu partout au Sénégal, très fier de leur grand père. Mais on est un peu déçus de voir certains sénégalais très ingrats qui le traitent de lâche. Qu’est ce que leur grand père à EUX a fait ??

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  • Lat Dior, dernier damel du Cayor

    9 janvier 14:32, par auteur seydina
    slt j vdré avoir des informations concernant la mort de lat dior. comment est-il mort. merci

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Voir l'article en ligne : http://www.au-senegal.com/Lat-Dior-dernier-damel-du-Cayor.html

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